Histoire d’eau : une leela (farce) divine

Cette anecdote étonnante se passe à l’ashram “Prashanti Nilayam” de Sathya Sai Baba à Puttaparthi

Chaque jour, après ma tournée pour donner leur nourriture à mes royaux canins et félins, je vérifiais que les vasques d’eau réparties un peu partout dans l’ashram étaient encore suffisamment remplies. Ces vasques sont en béton et ne peuvent pas facilement être déplacées. Lorsque l’eau était trop sale ou que les vasques nécessitaient un peu d’entretien, je les basculais simplement, les nettoyais, puis les remplissais d’eau fraîche.

Depuis quelques jours, je pestais de voir que, de plus en plus souvent, une ou deux vasques avaient été basculées en cours de journée par des inconnus et vidées de leur liquide. Je me demandais qui pouvait bien s’amuser à faire ce genre de chose : Des gamins ? Des farceurs ? Des gens mal intentionnés envers les animaux de l’ashram ? (il y en a aussi, malheureusement). Comme des milliers de gens y déambulent chaque jour, principalement des indiens, je ne pouvais pas imaginer trouver le ou les coupables à moins de les prendre sur le fait. Lire la suite Histoire d’eau : une leela (farce) divine

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Extrait de l’introduction

L’écriture de ce récit a commencé le soir d’une belle journée d’ermitage, neuf jours après être revenu de mon premier pèlerinage auprès de saint Antoine à Padoue. Durant l’après-midi, alors que je me promenais comme chaque jour de solitude en ruminant toutes sortes de pensées sur Sathya Sai Baba et le christianisme, j’entendis au fond de moi une voix me dire « Écris ce que tu as vécu ». Cette motion intérieure subite semblait bien réelle et je ressentis à l’instant même comme une vanne s’ouvrir pour laisser jaillir les mots nécessaires à une telle entreprise. De retour dans ma communauté, je me mis à écrire avec une facilité étonnante les deux premières pages de ce récit alors que j’avais toujours lutté auparavant pour coucher sur papier ce qui habitait mon cœur. Je sentais l’inspiration venir d’ailleurs et chaque ligne qui émergeait était comme une thérapie joyeuse.

La Source du Coeur, Introduction, Lionel Massart, Auto-édition Lulu.com

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Rencontre avec Sathya Sai Baba

Le Saint des saints

Ensuite, Sai Baba prend chacun à part dans une petite pièce annexe pour nous parler personnellement. Aucune parole ne traverse le simple rideau nous séparant de ce Saint des saints dans lequel se vivent ces rencontres secrètes qui resteront gravées éternellement dans l’âme de ceux qui y sont invités. Et dans l’attente de mon tour, je me tiens en prière dans la pièce commune. Je m’attends à être invité à chaque sortie de Sai Baba et d’un de ses invités, mais lorsque le dernier sort, Baba vient se rasseoir dans son fauteuil. Je ne me formalise pas de ne pas être appelé car je suis déjà bien privilégié par toute l’attention qu’il me manifeste. Néanmoins, après avoir fait mine sympathiquement de m’oublier, Baba se relève aussitôt et m’invite très chaleureusement à le suivre dans ce petit espace, le cœur de sa demeure terrestre.

Tremblant, je ne peux m’empêcher de trébucher en passant le parvis de la petite porte, ce qui me vaut un divin « slowly, slowly » . Baba me présente sa main. Je crois d’abord qu’il m’invite à m’asseoir mais il veut que je mette ma main dans la sienne. Quelle grâce de déposer ma main dans cette main toute-puissante et pourtant si tendre ! Je m’assois à ses pieds puis il me pose plusieurs questions avec une grande douceur : « Que fais-tu ? », « Quand retournes-tu ? »,…

En cet instant inoubliable, je renais à une vie nouvelle dans les mains de ce chirurgien céleste. Le temps s’est arrêté et je suis tout entier plongé dans le rayonnement fascinant de ce buisson ardent brûlant mon âme sans la consumer. Je me repose comme un enfant dans la paume de cette toute-puissance d’Amour, insouciant et inconscient de ce qui se vit au-delà de ces quatre murs. Tout est Baba, il n’y a que lui, rien d’autre n’existe en dehors de lui, « rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui est la Vie, et la Vie est la lumière des hommes » . Je voudrais planter ma tente ici, comme saint Pierre à la transfiguration du Christ .

Soudain il me demande : « Que veux-tu ? » J’attendais cette question avec un grand désir. Il l’avait posée à Olivier, le Français du groupe dont je faisais partie à l’ashram de Bangalore, et il lui avait demandé une bague. Je m’étais donc préparé une réponse dans l’espérance que cette question me soit un jour posée : « J’aime Jésus, Swami ». Il me demande de répéter : « J’aime Jésus ». Alors il me dit : « Plus tard… ». Peu après il me dit : « Je t’aiderai ».

La Source du Coeur, Chapitre 8, Lionel Massart, Auto-édition Lulu.com

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La présence de Jésus

Ma petite Bible bleue m’accompagne toujours. Je la lis régulièrement, souvent pendant les longues heures d’attente du darshan. Avec Jacques, un ami québécois rencontré dans une file d’attente, nous parlons parfois de ce qui nous touche dans ce livre. Jacques a reçu sa Bible par une de ses connaissances avant de partir en Inde. Il l’avait acceptée par politesse mais ne pensait plus en avoir besoin car il avait pour projet de devenir yogi dans les Himalaya. La Providence en ayant décidé autrement, il est ici depuis plusieurs semaines et ouvre régulièrement sa Bible. Il y aime spécialement les psaumes tandis que je lui parle de la vie du Roi David, ce grand roi au cœur pur.

Malgré ma présence dans cet environnement plutôt hindou, mon cœur aime encore Jésus qui reste pour moi une personne vivante. Je ne suis pas inspiré à prier devant une divinité locale, même si j’ai de plus en plus de sympathie pour Krishna grâce à la lecture d’une très bonne traduction de la Bhagavad Gita, un des textes sacrés hindous. J’aime cette relation qu’il entretient avec Arjuna et l’enseignement qu’il lui donne sur le champ de bataille de Kurukshetra. Mais j’ai grandi avec les images de Jésus et de ses disciples sur les chemins de la Galilée et de la Judée, j’ai déjà beaucoup prié le Christ et ai été maintes fois exaucé. La Bible reste une parole vivante qui continue de me parler et je me souviens du bienfait apporté par l’Eucharistie dans ma vie spirituelle.

Sai Baba ne me demande pas de changer de religion mais Il m’appelle plutôt à devenir un meilleur chrétien, c’est-à-dire à mettre de mieux en mieux en pratique les enseignements divins du Christ. Je ne vois aucune contradiction entre les enseignements essentiels de Sai Baba et ceux du Christ donnés dans les évangiles. Seuls les hommes, inspirés plus ou moins par l’Esprit, les interprètent différemment, ce qui est d’ailleurs source de bien des conflits lorsqu’ils se considèrent exclusivement détenteurs de la bonne interprétation. Mais si on s’en tient au cœur de ces enseignements, on y retrouve le même amour, la même exigence, le même but, malgré des formes différentes. Chez Sai Baba, je ne me sens donc aucunement en conflit avec mes racines chrétiennes. Bien au contraire, je les sens revivre, retrouver leur force, et je désire approfondir la connaissance de ma religion.

La Source du Coeur, Chapitre 9, Lionel Massart, Auto-édition Lulu.com

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