La présence de Jésus

Ma petite Bible bleue m’accompagne toujours. Je la lis régulièrement, souvent pendant les longues heures d’attente du darshan. Avec Jacques, un ami québécois rencontré dans une file d’attente, nous parlons parfois de ce qui nous touche dans ce livre. Jacques a reçu sa Bible par une de ses connaissances avant de partir en Inde. Il l’avait acceptée par politesse mais ne pensait plus en avoir besoin car il avait pour projet de devenir yogi dans les Himalaya. La Providence en ayant décidé autrement, il est ici depuis plusieurs semaines et ouvre régulièrement sa Bible. Il y aime spécialement les psaumes tandis que je lui parle de la vie du Roi David, ce grand roi au cœur pur.

Malgré ma présence dans cet environnement plutôt hindou, mon cœur aime encore Jésus qui reste pour moi une personne vivante. Je ne suis pas inspiré à prier devant une divinité locale, même si j’ai de plus en plus de sympathie pour Krishna grâce à la lecture d’une très bonne traduction de la Bhagavad Gita, un des textes sacrés hindous. J’aime cette relation qu’il entretient avec Arjuna et l’enseignement qu’il lui donne sur le champ de bataille de Kurukshetra. Mais j’ai grandi avec les images de Jésus et de ses disciples sur les chemins de la Galilée et de la Judée, j’ai déjà beaucoup prié le Christ et ai été maintes fois exaucé. La Bible reste une parole vivante qui continue de me parler et je me souviens du bienfait apporté par l’Eucharistie dans ma vie spirituelle.

Sai Baba ne me demande pas de changer de religion mais Il m’appelle plutôt à devenir un meilleur chrétien, c’est-à-dire à mettre de mieux en mieux en pratique les enseignements divins du Christ. Je ne vois aucune contradiction entre les enseignements essentiels de Sai Baba et ceux du Christ donnés dans les évangiles. Seuls les hommes, inspirés plus ou moins par l’Esprit, les interprètent différemment, ce qui est d’ailleurs source de bien des conflits lorsqu’ils se considèrent exclusivement détenteurs de la bonne interprétation. Mais si on s’en tient au cœur de ces enseignements, on y retrouve le même amour, la même exigence, le même but, malgré des formes différentes. Chez Sai Baba, je ne me sens donc aucunement en conflit avec mes racines chrétiennes. Bien au contraire, je les sens revivre, retrouver leur force, et je désire approfondir la connaissance de ma religion.

La Source du Coeur, Chapitre 9, Lionel Massart, Auto-édition Lulu.com

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