“J’ai envoyé mon âme dans l’invisible pour qu’elle m’épelle certaines lettres de l’au-delà ;
et mon âme après bien des jours est revenue, disant:
Voilà, je suis moi-même le Ciel et l’Enfer”

Omar Khayyam, poète soufi

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Arnaud Desjardins – Récit d’un itinéraire spirituel (2-2)

La deuxième partie qui retrace le parcours remarquable d’un vrai sage (la vidéo est aussi visible en épisodes de 10 minutes sur Youtube).

Arnaud Desjardins – Récit d’un itinéraire… par openeyeman

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Arnaud Desjardins – Récit d’un itinéraire spirituel (1-2)

Le parcours remarquable d’un vrai sage (1ère partie) (la vidéo est aussi visible en épisodes de 10 minutes sur Youtube).

Arnaud Desjardins – Récit d’un itinéraire… par openeyeman

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Un peu d’humanité au cœur de guerriers

L’histoire se déroule en Afghanistan, dans la ville de Kandahar, la capitale des Talibans en train de conquérir le pays.

La mosquée Khalqa Sharif se trouvait à 200 mètres de l’hôtel. C’était là que se trouvait le mausolée d’un manteau ayant appartenu au prophète Muhammad. Le 4 avril 1996, le mollah Omar, chef des talibans, le sortit, puis le mit sur ses épaules, devant une foule de partisans.

Le symbole ne pouvait être plus fort. Il s’était identifié de cette façon à l’héritage du prophète Muhammad, on le nomma « Amir al-Moumineen », le chef des croyants. Un symbole qui prônait l’expansion au-delà des frontières de l’Afghanistan, et qui appelait au mouvement du djihad international qui en permettrait le succès.

Je m’y rendis pour la prière de l’après-midi. À cette heure de la journée, la mosquée était noire de monde, si bien que je dus prier à l’extérieur. La prière finie, la marée humaine impressionnante de turbans noirs, de grosses barbes et kalachnikov s’immobilisa pour observer la scène qui se déroulait dehors.

Sous les yeux de centaines de talibans, un oiseau s’était pris les pattes dans un câble à l’extrémité d’une branche d’un superbe pin. Un jeune homme avait pu grimper assez haut pour atteindre la base de la branche et essayait vainement de retirer le câble des pattes de l’oiseau avec un long bâton. Le jeune homme était devenu pour l’occasion une star involontaire et des dizaines de talibans lui lançaient une série de conseils.

Le spectacle était surréaliste. Des guerriers redoutables étaient totalement hypnotisés par le sort de la pauvre bête. Coincé dans la foule qui ne semblait pas vouloir quitter l’endroit, je regardai tout comme elle, les exercices d’équilibriste que le jeune homme tentait.

Dessous, des hommes étaient prêts à le recevoir s’il tombait. Les cris et les rires lui inspirèrent un peu plus de courage, et il put se saisir du câble. Il libéra l’oiseau qui tomba littéralement dans les mains d’un garçon. Celui-ci courut dans un coin du parc de la mosquée poursuivi par d’autres. Puis d’un coup, ouvrant les mains, il laissa l’oiseau s’envoler. Un Allahou Akbar scandé par la foule résonna dans la ville, puis la foule se dispersa lentement.

(extrait de Sur la Route du soi, de André-Philippe Millet, Ed Favre)

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