La “divinisation de l’homme” ?

Voici le récit d’un entretien avec le frère Antoine, un ermite atypique habitant depuis plus de 45 ans dans une grotte du Sud de la France. Avec son style rempli d’humour, il nous fait ici une brillante analyse sur le thème de la divinisation de l’homme :

Nous nous partageâmes le baluchon et nous nous engageâmes dans le sentier sous les dernières chaleurs d’une après-midi finissante en ce printemps particulièrement sec. A mi-chemin nous croisions un groupe de personnes qui semblait revenir de la Grotte. Nous échangeâmes un simple salut. Heureux endroit où spontanément les êtres s’adressent un signe ! Parvenus au pied du Rocher, nous aperçûmes sur la terrasse frère Antoine occupé à des « entretiens fraternels ». Nous choisîmes de ne pas les interrompre. Nous déambulâmes dans le cloître naturel aménagé par l’ermite qui a débroussaillé entre les chênes-lièges une aire de contemplation, de fraîcheur et de repos. D’ailleurs ce qui peut nous en convaincre, si nécessaire, c’est la présence énigmatique d’une énorme dalle ayant toute l’apparence d’une pierre tombale, entourée de cailloux comme la stèle de Merlin dans la forêt de Brocéliande. Sur la dalle un carton porte l’inscription : « ici repose… » Pour lire la suite il faut ôter la pierre qui maintient le carton. Les passants l’ôteront avec une curiosité inquiète et affectée pour découvrir la fin de l’épitaphe : « … un gros caillou ». Le droit de passage pour accéder à la Grotte est un éclat de rire. Les susceptibles que la farce ne fait pas rire peuvent s’attendre à des égratignures sur leur suffisance, car ce qu’ils viennent trouver sera donné sur ce ton-là. Le lointain bruit de voix s’était arrêté, nous laissant comprendre que les pèlerins s’en retournaient. Nous les laissions passer leur chemin avant de nous diriger vers la Grotte. A peine nous reconnut-il qu’il nous apostropha : « C’est maintenant que vous arrivez ? » Ce n’était pas la première fois qu’il nous faisait ce genre de remarque alors que nous n’annonçons jamais à l’avance notre venue…
Car il ne reçoit pas sur rendez-vous mais sur irruption.

– Vous n’avez pas rencontré les nuages en arrivant ? Lire la suite La “divinisation de l’homme” ?

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« Celui qui n’a pas connu la vie éternelle dès cette vie
ne la connaîtra pas non plus dans l’autre »

Saint Syméon le Nouveau Théologien

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Amour sans frontières

Sur le mont Athos a vécu le père Païssios (†1994). Selon un témoin, il avait deux chats : Mohammed et Arafat. Il les aimait beaucoup et s’en occupait avec tendresse. Un jour, un jeune moine vint en visite. Il s’étonna de ce qu’un grand serpent entrât et sortît par-dessous les pierres. Le jeune moine s’en rapprocha pour le tuer, mais le père Païssios l’arrêta en disant :

– Tu veux tuer mon disciple ?

Le jeune moine demanda :
– Quel disciple ?

– Viens avec moi, répondit le père Païssios.

Ils allèrent tous deux près du tombeau du père Tikhôn qui était l’ancien habitant de l’ermitage, et le père Païssios désigna un serpent :

– Voilà mon premier disciple, il vient l’après-midi. Dans ma cellule, il y a douze rats et un autre serpent qui vient s’amuser avec eux. Mais il m’a joué un mauvais tour. Je lui donnais du lait, car les serpents aiment ça, et pendant trois jours il n’est pas venu boire. Lorsqu’il est réapparu, je l’ai appelé, je lui ai dit : « Pourquoi ne viens-tu pas ? » Je lui ai montré la boîte à lait, mais il restait dans son coin. Alors, moi : « Tu as péché, va te confesser. » Il a ouvert la bouche et il a recraché une grenouille. Je lui ai ordonné : « Pendant trois jours, tu vas jeûner, et c’est seulement après que je te donnerai à boire. »

– Mais Père, dit le jeune moine, les serpents me dégoûtent, pourquoi les aimes-tu ?

Le Père se mit en colère :
– Tu es moine et tu as peur des serpents ? Quand on a des petits chiens ou des petits chats, on joue avec eux. Il n’y a que deux sortes d’animaux que les gens n’aiment pas : les serpents et les rats. Et si nous, les moines, nous n’aimons pas ces pauvres créatures, qui pourra le faire ? Sont-ils insensibles à l’amour ? Tu n’as pas honte ? Ton cœur est-il devenu de pierre ?

Il arracha trois feuilles d’un arbre et dit au jeune moine :
– N’as-tu pas entendu le cri de douleur de l’arbre et ne comprends-tu pas que tous les êtres ressentent l’amour ? C’est par amour que Dieu a créé le monde, par amour que nos parents se sont mariés, c’est par amour que nous naissons et que nous grandissons, c’est par amour que d’autres hommes se marient et font des enfants. Et le dernier geste d’amour, ce sont les funérailles. La vie entière est accompagnée de l’amour. (…) Le Bon Dieu est tout Amour et il s’émeut de notre misérable offrande. Alors que nous, hommes, mangeons le doux miel des abeilles et n’offrons à Dieu que la cire dans un cierge, il se réjouit de notre offrande !

(extrait de Florilège du Mont Athos, Fabian DA COSTA, Paris 2005, p. 245, cité dans La sagesse comme art de vivre : Abécédaire de la vie spirituelle, Benoît Standaert, Bayard 2009)

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Un saint par la fenêtre

Une moine franciscain me faisait visiter la Basilique dans laquelle la tombe de saint Antoine reste abondamment visitée. 800 ans après sa mort, il demeure un intercesseur remarquable pour ses amis, et pas seulement pour retrouver les objets perdus. Pour preuve, ce témoignage véridique envoyé par une jeune femme au sanctuaire :

« Je suis venue de Pologne pour prier sur la tombe de saint Antoine (à Padoue, en Italie). Là, j’ai acheté une statue et j’ai demandé à saint Antoine d’exaucer mes prières. De retour dans mon pays, j’ai encore pratiqué toutes sortes de dévotions pour m’attirer ses grâces. Mais après quelques temps, j’étais découragée et exaspérée car je n’étais pas exaucée. Alors, par dépit, j’ai ouvert la fenêtre de mon appartement et j’ai balancé la statue du saint dehors, puisqu’il ne me servait à rien ! Hors, juste à ce moment-là, un jeune homme passait sur le trottoir et a reçu la statue sur la tête. »

La jeune fille termine sa lettre en disant : « Aujourd’hui, ce jeune homme… c’est mon mari ! »

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Arnaud Desjardins – Récit d’un itinéraire spirituel (2-2)

La deuxième partie qui retrace le parcours remarquable d’un vrai sage (la vidéo est aussi visible en épisodes de 10 minutes sur Youtube).

Arnaud Desjardins – Récit d’un itinéraire… par openeyeman

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Arnaud Desjardins – Récit d’un itinéraire spirituel (1-2)

Le parcours remarquable d’un vrai sage (1ère partie) (la vidéo est aussi visible en épisodes de 10 minutes sur Youtube).

Arnaud Desjardins – Récit d’un itinéraire… par openeyeman

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Extrait de l’introduction

L’écriture de ce récit a commencé le soir d’une belle journée d’ermitage, neuf jours après être revenu de mon premier pèlerinage auprès de saint Antoine à Padoue. Durant l’après-midi, alors que je me promenais comme chaque jour de solitude en ruminant toutes sortes de pensées sur Sathya Sai Baba et le christianisme, j’entendis au fond de moi une voix me dire « Écris ce que tu as vécu ». Cette motion intérieure subite semblait bien réelle et je ressentis à l’instant même comme une vanne s’ouvrir pour laisser jaillir les mots nécessaires à une telle entreprise. De retour dans ma communauté, je me mis à écrire avec une facilité étonnante les deux premières pages de ce récit alors que j’avais toujours lutté auparavant pour coucher sur papier ce qui habitait mon cœur. Je sentais l’inspiration venir d’ailleurs et chaque ligne qui émergeait était comme une thérapie joyeuse.

La Source du Coeur, Introduction, Lionel Massart, Auto-édition Lulu.com

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