Un saint par la fenêtre

Une moine franciscain me faisait visiter la Basilique dans laquelle la tombe de saint Antoine reste abondamment visitée. 800 ans après sa mort, il demeure un intercesseur remarquable pour ses amis, et pas seulement pour retrouver les objets perdus. Pour preuve, ce témoignage véridique envoyé par une jeune femme au sanctuaire :

« Je suis venue de Pologne pour prier sur la tombe de saint Antoine (à Padoue, en Italie). Là, j’ai acheté une statue et j’ai demandé à saint Antoine d’exaucer mes prières. De retour dans mon pays, j’ai encore pratiqué toutes sortes de dévotions pour m’attirer ses grâces. Mais après quelques temps, j’étais découragée et exaspérée car je n’étais pas exaucée. Alors, par dépit, j’ai ouvert la fenêtre de mon appartement et j’ai balancé la statue du saint dehors, puisqu’il ne me servait à rien ! Hors, juste à ce moment-là, un jeune homme passait sur le trottoir et a reçu la statue sur la tête. »

La jeune fille termine sa lettre en disant : « Aujourd’hui, ce jeune homme… c’est mon mari ! »

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Histoire d’eau : une leela (farce) divine

Cette anecdote étonnante se passe à l’ashram “Prashanti Nilayam” de Sathya Sai Baba à Puttaparthi

Chaque jour, après ma tournée pour donner leur nourriture à mes royaux canins et félins, je vérifiais que les vasques d’eau réparties un peu partout dans l’ashram étaient encore suffisamment remplies. Ces vasques sont en béton et ne peuvent pas facilement être déplacées. Lorsque l’eau était trop sale ou que les vasques nécessitaient un peu d’entretien, je les basculais simplement, les nettoyais, puis les remplissais d’eau fraîche.

Depuis quelques jours, je pestais de voir que, de plus en plus souvent, une ou deux vasques avaient été basculées en cours de journée par des inconnus et vidées de leur liquide. Je me demandais qui pouvait bien s’amuser à faire ce genre de chose : Des gamins ? Des farceurs ? Des gens mal intentionnés envers les animaux de l’ashram ? (il y en a aussi, malheureusement). Comme des milliers de gens y déambulent chaque jour, principalement des indiens, je ne pouvais pas imaginer trouver le ou les coupables à moins de les prendre sur le fait. Lire la suite Histoire d’eau : une leela (farce) divine

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Un peu d’humanité au cœur de guerriers

L’histoire se déroule en Afghanistan, dans la ville de Kandahar, la capitale des Talibans en train de conquérir le pays.

La mosquée Khalqa Sharif se trouvait à 200 mètres de l’hôtel. C’était là que se trouvait le mausolée d’un manteau ayant appartenu au prophète Muhammad. Le 4 avril 1996, le mollah Omar, chef des talibans, le sortit, puis le mit sur ses épaules, devant une foule de partisans.

Le symbole ne pouvait être plus fort. Il s’était identifié de cette façon à l’héritage du prophète Muhammad, on le nomma « Amir al-Moumineen », le chef des croyants. Un symbole qui prônait l’expansion au-delà des frontières de l’Afghanistan, et qui appelait au mouvement du djihad international qui en permettrait le succès.

Je m’y rendis pour la prière de l’après-midi. À cette heure de la journée, la mosquée était noire de monde, si bien que je dus prier à l’extérieur. La prière finie, la marée humaine impressionnante de turbans noirs, de grosses barbes et kalachnikov s’immobilisa pour observer la scène qui se déroulait dehors.

Sous les yeux de centaines de talibans, un oiseau s’était pris les pattes dans un câble à l’extrémité d’une branche d’un superbe pin. Un jeune homme avait pu grimper assez haut pour atteindre la base de la branche et essayait vainement de retirer le câble des pattes de l’oiseau avec un long bâton. Le jeune homme était devenu pour l’occasion une star involontaire et des dizaines de talibans lui lançaient une série de conseils.

Le spectacle était surréaliste. Des guerriers redoutables étaient totalement hypnotisés par le sort de la pauvre bête. Coincé dans la foule qui ne semblait pas vouloir quitter l’endroit, je regardai tout comme elle, les exercices d’équilibriste que le jeune homme tentait.

Dessous, des hommes étaient prêts à le recevoir s’il tombait. Les cris et les rires lui inspirèrent un peu plus de courage, et il put se saisir du câble. Il libéra l’oiseau qui tomba littéralement dans les mains d’un garçon. Celui-ci courut dans un coin du parc de la mosquée poursuivi par d’autres. Puis d’un coup, ouvrant les mains, il laissa l’oiseau s’envoler. Un Allahou Akbar scandé par la foule résonna dans la ville, puis la foule se dispersa lentement.

(extrait de Sur la Route du soi, de André-Philippe Millet, Ed Favre)

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